Echanges avec le député Phillipe Chassaing sur la question des activités essentielles à la vie économique

Le 27 mars 2020

Bonjour Monsieur le Député,

J’ai pris connaissance de votre mail et vous en remercie

Certes il s’agit d’un détail par rapport à l’ensemble des activités, cependant ce sujet porte à controverse et laisse à penser qu’il existe un manque d’homogénéité.

Séparer l’essentiel de l’accessoire est ce qui est recherché par le gouvernement ; cependant l’accessoire à une valeur de cohérence surtout quand les activités sont souvent regroupées en un seul lieu et la FDJ a la possibilité de désactiver les terminaux de jeux situer dans les bureaux de tabac et autres lieux.

Au moment où des reproches vous sont faits de contradictions dans les décisions il est bon de rester vigilant dans tous les domaines.

Si la partie bar des établissements semble effectivement fermée et les règles en matière de limitation de contamination,  respectées, des non fumeurs se rendent dans les bureaux de tabac ou autre uniquement pour jouer ce qui rend mal à l’aise les buralistes et autres eux-mêmes, exposés comme tous les commerçants encore ouverts à la contamination certes ils peuvent fermer leur établissement comme 20% le font sans aide.

On conçoit aisément que la vente de tabac puisse continuer, un arrêt brutal non volontaire de la dépendance à la nicotine n’est pas souhaitable socialement, et créerait des effets induits pouvant aller jusqu’à la violence. Il faudrait dans le cas contraire mobiliser d’autres forces médicales pour leur venir en aide, alors que le confinement génère lui aussi des conséquences psychiques importantes. 

Je comprends la tension qui existe entre la limitation de la contamination déjà très engagée au-delà de ce qui était envisagée et l’aspect économique qui pèse sur les finances de l’état, cependant sont mis en avant dans les médias des antinomies préjudiciables à la compréhension générale.

Par ailleurs j’interprète que si la FDJ est en mesure de pouvoir verser un million d’euros à l’alliance « Tous unis contre le virus » c’est probablement que sa situation financière même très amoindrie par les événements reste malgré tout bénéficiaire, et le fait de donner de l’argent n’exonère pas de la recherche de la cohérence.

Cordialement

Christian Naudet

TR: Activité essentielle à la vie courante

Jeudi 26 mars, 13:57

De : Anthony Loubignac

A : christiannaudet@sfr.fr

Bonjour monsieur Naudet,

Le Député Chassaing a bien pris connaissance de votre courriel relatif à la possibilité de jouer au loto durant la période de confinement.

Il m’a chargé de vous adresser quelques éléments de réponse.

Face à la crise sanitaire que nous vivons actuellement, le Gouvernement a souhaité autoriser les buralistes à poursuivre leur commerce qui, vous le savez, mêle bien souvent plusieurs domaines d’activité (débit de boissons, fourniture de services, vente de journaux, de tabac, …).

La vente de jeux à gratter ou la validation des grilles de loto ne constitue d’ailleurs pas nécessairement leur cœur de métier. A l’heure où de nombreuses entreprises voient leur chiffre d’affaires s’effondrer et attendent le concours financier de l’Etat, il aurait été difficile et mal perçu de priver les commerces autorisés à rester ouverts – à l’instar des bureaux de tabac – d’une partie de leur revenu d’activité (alors même qu’ils ont déjà dû fermer la partie « bar », lorsque celle-ci existe). De plus, le contrôle aurait été problématique à exercer dans ce contexte d’urgence sanitaire, où les forces de police administrative et judiciaire sont déjà très sollicitées.

Par ailleurs, il convient de noter que, si une majorité des points de vente de billets de loterie et autres jeux à gratter restent ouverts – à la condition du respect strict des gestes-barrières et des règles sanitaires en vigueur -, quelque 20% des établissements ont, quant à eux, fait le choix d’une fermeture temporaire.

Mais le point essentiel reste qu’avec les mesures de confinement décidées – et récemment renforcées – par le Gouvernement, les sorties de chaque citoyen sont étroitement encadrées. Aussi, la fréquentation des bureaux de tabac connaît déjà une diminution substantielle. Dans une première estimation des effets de l’épidémie sur son activité, la FDJ estime ainsi une baisse des mises de l’ordre de 50 % pendant le confinement. L’impact mensuel sur le chiffre d’affaires de l’entreprise serait proche de 55 millions d’euros.

En définitive, l’esprit de responsabilité et le souci sanitaire qui doivent animer chacun(e) d’entre nous en cette période devraient également amener les joueurs/joueuses à privilégier les jeux en ligne. En effet, qu’il s’agisse de la grille de loto ou des tickets à gratter, la FDJ a récemment rappelé sur RTL que 100% des jeux étaient accessibles en ligne. L’inscription sur leur site est d’ailleurs gratuite.

Impactée par l’épidémie comme toute autre activité économique, la FDJ a dernièrement indiqué que ses résultats financiers seraient sévèrement pénalisés, justifiant également un report de la mise en paiement des dividendes. Malgré cette conjoncture défavorable, la FDJ a néanmoins souhaité prendre sa part dans la lutte contre le coronavirus. A ce titre, sachez que le groupe a confirmé, hier, faire un don d’un million d’euros à l’alliance « Tous unis contre le virus », opération lancée par la Fondation de France, en association avec l’Institut Pasteur et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), en faveur des soignants, de la recherche et de l’accompagnement des plus démunis. L’alliance « Tous unis contre le virus » « prévoit à la fois une aide aux personnels soignants partout en France, une aide à la recherche sur le Covid-19 afin de mettre au point des tests de dépistage et des traitements efficaces, et une aide aux personnes les plus vulnérables via des associations de proximité ».

Espérant vous avoir utilement renseigné, je vous prie d’agréer, monsieur Naudet, les sincères salutations du Député Chassaing et de son équipe.

Anthony Loubignac

Collaborateur Parlementaire de Philippe Chassaing   

Répondre à : « christiannaudet@sfr.fr » <christiannaudet@sfr.fr>
Date : mardi 24 mars 2020 à 21:08
À : Philippe Chassaing <Philippe.Chassaing@assemblee-nationale.fr>
Objet : Activité essentielle à la vie courante

‌‌Monsieur le Député,


J’ai appris ce jour qu’il était possible de jouer au Loto dans la plupart des établissements permettant d’y jouer et notamment chez les buralistes qui sont souvent équipés de terminaux, chez lesquels on peut se déplacer avec une attestation dérogatoire. 
J’avais cru comprendre que seules les activités essentielles à la vie courante devaient continuer, je ne vois en quoi cette activité est essentielle.

Certes il est possible de jouer en ligne, mais pourquoi est-ce autorisé de pouvoir y jouer sur des lieux possiblement contaminant.
Je comprends qu’il est à la fois dangereux de priver les fumeurs de nicotine même s’il est dangereux de ne pas les en priver.
Il est également vrai que chez certains il existe une accoutumance aux jeux,, moins fréquente.

Pensez-vous que la décision du gouvernement de maintenir cette possibilité de jouer au loto est liée à des raisons économiques pour l’état, est-elle liée aussi à la privatisation de la FDJ qui impliquerait que cette activité non essentielle doive continuer quelque soient les circonstances.

N’y a-t-il pas là une source possible de limitation de la propagation du covid -19? 

Pouvez-vous me faire parvenir votre analyse sur ce sujet, vous en remerciant d’avance?  

Cordialement.

Christian Naudet 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.